Les lampes MIYA sont nées d’une envie très précise : créer des luminaires hors normes, capables d’habiter un espace autant qu’un objet décoratif. Je voulais des pièces sculpturales, présentes, où la matière ne servirait pas seulement à fabriquer une lampe, mais à dessiner la lumière elle-même.
Quand j’ai commencé à travailler les fibres naturelles, je me suis naturellement tournée vers le tissage intégral. J’imaginais alors des volumes entièrement habillés de matière, réalisés rang après rang, avec l’envie de créer des pièces presque architecturales. Je voulais aller plus loin que l’objet et créer une véritable présence dans un intérieur.

Mais très vite, j’ai découvert ce que cette technique impliquait réellement. Ces créations demandaient énormément de temps et certaines pièces nécessitaient jusqu’à trois semaines de fabrication.
Le geste était exigeant. Il fallait maintenir les structures en tension pendant le tissage, soutenir les volumes, ajuster les lignes et parfois recommencer. C’était exigeant. Physiquement aussi. Et cela prenait de la place.
Les créations vivaient dans l’atelier pendant des jours, parfois des semaines, occupant le lieu au rythme de leur construction.
Cette étape a pourtant été essentielle. Elle m’a appris la patience, le dialogue avec la matière et la manière dont la lumière traverse une création.
Avec le temps, j’ai commencé à rechercher autre chose. J’aimais toujours le travail des fibres, mais je voulais davantage de légèreté, plus d’air et plus de lumière. J’ai progressivement ouvert les structures, laissé apparaître les lignes et accepté le vide comme faisant partie intégrante de la création.
Les fibres ont alors cessé de recouvrir entièrement les volumes pour venir les souligner. C’est ainsi que sont nées les lampes corsetées MIYA.
Peu à peu, les matières ont elles aussi évolué. Les créations se sont enrichies de nouveaux contrastes : le lin, déjà présent dans l’univers des coussins, est venu apporter sa douceur et sa texture ; le cuir a introduit une présence plus noble et structurée ; les cauris sont apparus comme des fragments de voyage et de mémoire.
Les lignes corsetées ont alors trouvé leur propre langage.
Leurs formes m’évoquent les liens, les tensions, le travail textile et les silhouettes corsetées. Chaque corde devient un trait, chaque attache participe au dessin et la structure n’est plus cachée : elle fait partie du récit.
Comme les poids Ashanti, les cauris ou les matières présentes dans d’autres créations, ces lampes portent elles aussi une histoire de voyage. Mais ici, le voyage est différent.
Ce n’est pas un territoire : c’est une transformation. Le passage d’un geste à une écriture, d’une technique à une signature.
Aujourd’hui encore, certaines créations conservent l’héritage de ces premiers tissages. Mais les lampes corsetées sont devenues ma manière d’exprimer la lumière : des pièces sculpturales où la matière ne la recouvre plus — elle la révèle.
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